Le Codex Boturini : Un récit pictographique de la migration des Aztèques

Date : [types field="date"]
Horaire : [types field="horaire"]
Lieu : [types field="lieu"]

 

Conférence de Patrick Johansson, enseignant-chercheur à la Universidad Nacional Autónoma de México (UNAM) depuis 1992.

Le Codex Boturini est un document pictographique indigène, élaboré très probablement vers la moitié du XVIème siècle à partir d’un original plus ancien. Il relate, au moyen d’une écriture pictographique, la migration des Aztèques depuis la lointaine et probablement légendaire île d’Aztlan jusqu’à ce qui aurait dû être Mexico-Tenochtitlan si le document avait été achevé. Nous examinerons les différentes raisons possibles pour lesquelles la copie de l’original préhispanique aurait été interrompue. Les étapes de la migration ont un caractère initiatique, et conjuguent l’histoire et le mythe dont je rappellerai la teneur afin de situer la geste pictographique dans son macrocontexte culturel.

L’aspect le plus intéressant du document est certainement l’écriture pictographique utilisée par les peintres indigènes tlahcuilos, une écriture qui « compose » le récit. Je cite le texte que j’ai écrit et intégré à l’application qui accompagne le facsimil: « La notion d’écriture est généralement associée à la parole, et lorsqu’une graphie échappe à l’emprise du verbe on parle alors de proto-écriture ou l’on renvoie tout simplement son étude au domaine de l’iconographie ou à l’histoire de l’art. Si la plupart des systèmes d’écriture consistent à enregistrer graphiquement ce que l’on dit, cela ne veut pas dire que tous ces systèmes soient liés à la parole et qu’on ne puisse concevoir d’écriture en dehors de la langue. Ceci pourrait bien n’être qu’un problème de terminologie sans importance, s’il n’impliquait un rejet implicite de l’image comme instrument de cognition, et l’idée que l’on ne peut penser clairement qu’avec des mots. Si la “tyrannie de sire le mot” s’est fait sentir dans une culture du logos, il n’en fut pas de même en Mésoamérique et plus spécialement dans la culture nahuatl où l’image s’est alliée (et non pas soumise) au verbe, établissant ainsi une relation complémentaire qui caractérise son expression orale ainsi que son écriture ».

Une lecture du codex a été effectuée, par un informateur indigène, vers 1576, et donc transposée en mots avant d’être transcrite dans un manuscrit alphabétique illustré (Codex Aubin) ce qui nous permettra de lire l’image. Nous lirons donc les 22 planches du codex (projection d’un Power point), en commentant différents aspects des contenus ainsi que de l’écriture. Les cinq premières et les quatre dernières retiendront plus particulièrement notre attention.  Pour terminer j’évoquerai les conditions dans lesquelles le facsimil (le premier dans l’histoire du document) a été élaboré : par les Indigènes du village de San Pablito Pahuatlan, situé dans les montagnes de Puebla, selon des techniques en tout point semblables à celles qui étaient utilisées à l’époque préhispanique.

Bionote : Patrick Johansson mène ses recherches dans le cadre de  l’Institut de Recherches en Histoire et il est professeur de littératures pré-colombiennes et indigènes à la Faculté de Philosophie et Lettres. Les domaines sur lesquels il travaille concernent la mort dans le monde nahuatl pré-hispanique, la littérature nahuatl pré-hispanique, la littérature indigène et indigéniste, la sémiologie de l’image dans les codex nahuas. Derniers titres publiés :
La palabra, la imagen, y  el manuscrito. Lecturas indígenas de un texto pictórico en el siglo XVI, México, UNAM, Instituto de Investigaciones Históricas, 2004, 480 p.
Zazanilli La palabra-enigma. Acertijos y adivinanzas de los antiguos nahuas, México, McGraw-Hill, marzo, 2004, 90 p.
Machiotlahtolli La palabra-modelo. Dichos y refranes de los antiguos nahuas,  México, editorial McGraw-Hill, marzo 2004, 111 p.
Xochimiquiztli “la muerte florida”: El sacrificio humano entre los aztecas, Tomo I, La deuda de sangre, México, editorial McGraw-Hill, 2005, 122 p.
Xochimiquiztli “la muerte florida”: El sacrificio humano entre los aztecas, Tomo II, Los ritos de la muerte sacrificial, México, editorial McGraw-Hill, 2005, 110 p.
(en collaboration avec  Paulina Latapí), Historia de México en palabras e imágenes. Los primeros mexicanos, México, editorial McGraw-Hill, 2005, 60 p.
In oc ticchíah in Godot. Traducción del original francés al náhuatl de Esperando a Godot de Samuel Beckett, México, Editorial Libros de Godot, 2007.
«La tira de la Pereginación. Códice Boturini», Arqueología Mexicana, edición especial códices, México, diciembre 2007, 74 p.

Contact : marie-jose.hanai@univ-rouen.fr

Affiche PDF :affiche codex boturini