4 – Fonctionnements linguistiques

Responsables : Alain Blanc (PR 8e,  linguistique diachronique, morphologie, lexicographie), Catherine Filippi-Deswelle, (MCF 11e, linguistique anglaise, TOE Culioli), José Vicente Lozano (PR 14e, linguistique hispanique, approche diasystématique).

Participants et porteurs de projets : Elena Gaspar (14e), L. Goudet (11e), Sylvie Hancil (11e), Marie Potapushkina-Delfosse (11e), Ana Isabel Ribera Ruiz de Vergara (14e), James W. Underhill (11e). Associés : Camille Denizot (univ. Paris Ouest, 8e), Emmanuel Dupraz (univ. Libre de Bruxelles, 17e, Sofía Moncó Taracena (7e, 14e et 15e).

Thématiques : 1) Le fonctionnement des marqueurs grammaticaux ; 2) L’exploitation des fonctionnements linguistiques en didactique des langues ; 3) Ethnolinguistique ; 4) Variation linguistique et paramétrage du sens en synchronie, en diachronie et en diatopie ; 5) Les fonctionnements linguistiques de l’intersubjectivité

Pour les années à venir jusqu’en 2021 nous avons décidé d’orienter nos travaux communs autour de cinq thématiques, dont les trois premières figuraient déjà dans le cadrage du quinquennal en cours, mais seront exploitées selon des perspectives complémentaires – notamment pour ce qui est du paramétrage du sens et la variation linguistique. Pour l’essentiel, les domaines auxquels nous commencerons à nous intéresser en 2017-2021 sont : a) l’étude de l’intersubjectivité en linguistique, qui fait l’objet d’un intérêt croissant grâce à l’étude de corpus oraux et de nouvelles technologies et qui sera examiné à travers plusieurs langues afin d’établir un faisceau convergent de paramètres ; b) l’ethnolinguistique (J.W. Underhill, Rouen Ethnolinguistics Project).

1) Le fonctionnement des marqueurs grammaticaux : Les grammèmes, qui composent dans chaque langue une liste fermée d’unités contribuant au repérage des référents et à la mise en discours, ont un fonctionnement très différent des autres monèmes, selon André Martinet. Parmi eux les pronoms, les subordonnants et connecteurs, les prépositions. Nos travaux communs nous ont déjà amenés à étudier les caractéristiques pragmatiques, sémantiques et syntaxiques spécifiques de ces grammèmes, ainsi, par exemple, une partie des connecteurs ou des marqueurs aspectuels. L’objet de ces recherches est de continuer à creuser ce domaine en s’intéressant à la nature de ces (dys)fonctionnements au sein d’une même famille de langues ou bien en comparant des langues de typologie différente. Tout ceci en rapport avec des domaines aussi variés que la sémantique, la pragmatique, la syntaxe, la morphologie, la phonétique, et la prosodie pour mettre en lumière des phénomènes nouveaux ou peu observés.

2) Unité et diversité des fonctionnements linguistiques en diachronie et en diatopie : Malgré les idées reçues, un soi-disant système linguistique, en diachronie, ne peut se concevoir que comme une succession d’états de langue, d’où la pertinence de l’approche diasystématique afin de mieux expliquer les mutations systémiques échelonnées dans le temps qui vont aboutir à des systèmes différents, même si les locuteurs pensent avoir affaire à une langue unique ; la diachronie est donc indissociable de la synchronie, sans oublier que chaque état de langue est à son tour soumis à variation diatopique ; de nos jours, nous pouvons constater cette diversité pour les langues modernes, mais elle nous échappe souvent pour des langues et des chronolectes plus anciens, pour lesquels les chercheurs doivent réussir à reconstruire des fonctionnements linguistiques aux données lacunaires, lorsqu’elles existent.

3) L’exploitation des fonctionnements linguistiques en didactique des langues : La recherche en didactique des langues (enseignement-apprentissage de la langue pour spécialistes, enseignement-apprentissage de la langue appliquée, enseignement-apprentissage de la langue à but spécifique) est de faciliter le travail d’acquisition de la langue étudiée aux apprenants. Pour faciliter ce travail nous cherchons des stratégies d’enseignement-apprentissage nourries non seulement par les différents domaines de la linguistique théorique mais aussi par les réflexions propres à la didactique. Nous traitons des meilleurs outils pédagogiques qui permettent de développer ces stratégies parmi les outils classiques (utilisation de documents authentiques, laboratoire de langues), créatifs (rapport gestuelle-production orale, théâtre pédagogique), émergents (TICE).

4) Ethnolinguistique : Le Rouen Ethnolinguistics Project, sous la direction de James William Underhill, cherche depuis bientôt trois ans à réunir les chercheurs travaillant dans l’esprit de Wilhelm von Humboldt (1767-1835) autour de projets multilingues et multi-disciplinaires au sein du groupe de recherche ERIAC. Etroitement lié à la dynamique Ecole Ethnolinguistique de Lublin en Pologne (Bartminski, Glaz & Abramovicz), le Rouen Ethnolinguistics Project, a aussi des contacts bien établis à Berlin (Jürgen Trabant), à Belfast (Piotr Blumnczynski) et à Grenoble (Mariarosaria Gianinotto). Le projet espère bientôt établir des liens avec les chercheurs dans le monde hispanophone, en Europe et en Amérique.

Outre les colloques et journées d’étude, des rencontres régulières seront organisées, sous forme de séminaires, autour d’une approche épistémologique donnée ou d’une notion spécifique, selon des perspectives choisies pour leur diversité. Ces séances seront confiées à des orateurs appartenant à l’ERIAC, mais aussi à des chercheurs invités, qu’ils soient rouennais, membres d’autres laboratoires, ou bien issus d’autres universités, françaises ou étrangères. Des colloques ou des journées d’étude seront organisés en lien plus direct aussi avec les thématiques de ces séminaires. Parmi les activités proposées certaines sont orientées vers la collaboration inter-axes de l’unité de recherche. Nous envisageons d’organiser 8 colloques (dont 5 inter-langues), 5 journées d’étude, 4 séminaires bisannuels, une dizaine d’ouvrages issus des colloques, J.E. ou autres, ainsi que des séances « Masterdocto », une nouveauté : 3 séances par an, permettant de faire le point sur les recherches menées par les doctorants sur des thématiques liées à ce programme, ainsi que par des M2 suffisamment avancés.