3 – Philosophie dans la Cité

Responsables : N. Depraz (PR 17e, phénoménologie et philosophie contemporaine), A. Hourcade (MCF HDR 17e, sophistique et philosophie ancienne).

Participant·e·s : Emmanuel Faye (17e), Chr. Hamel (17e), Nicolas Rialland (17e), Alexandra Richter (12e), Franck Varenne (17e), Anne-Lise Worms (8e) ; Émérites : Jean-Pierre Cléro (17e), Laurence Villard (8e) ; Associé·e·s : Leonore Bazinek (17e), Babacar M. Diop (univ. Dakar, 17e), Philipp Blouin (17e), Adinel Bruzan (17e), Audrey Gerlain (17e), Alexis Lavis (U. de Pékin, Chine, 17e), René Lefebvre (U. Rennes, 17e), Esther Martin (8e), Yves Millou (INSA Rouen, 17e), Kristina Mirkovic (Milan, 17e), Franklin Nyamsi (17e), Noémie Parant (17e), Florence Pignarre (17e), Hadrien Simon (BS Mont Saint Aignan, 17e), Jocelyne Sfez (17e), Jean-Daniel Thumser (17e), Enrique Utria (17e). 

Partant du constat que l’activité philosophique n’est ni uniquement solitaire, ni seulement spéculative, le groupe de recherche qui se rassemble autour de « La philosophie dans la cité » se propose de mettre à l’épreuve le savoir rationnel, réflexif, critique et conceptuel de la philosophie dans des pratiques, sur des terrains, durant des périodes historiques et dans des expériences quotidiennes qui engagent l’humain dans sa vie, ses relations interpersonnelles et ses activités sociales, politiques et éthiques. En mettant au centre de l’interrogation les problèmes et les questions de notre monde contemporain et en en retraçant les enjeux dans son histoire, il s’agit de mettre la réflexion au service d’une meilleure compréhension de nos modes de pensée, d’action et de vie. Dans sa vocation de diffusion du savoir, ce programme pérennise l’organisation annuelle de Journées intitulées « La Philosophie dans la Cité » à l’attention des élèves de lycée et du grand public qui, depuis 2011, a permis de mesurer l’intérêt d’approches philosophiques ouvertes sur des thématiques et des préoccupations nouvelles et/ou contemporaines (le virtuel, la conscience et le cerveau, l’animal, y a-t-il une philosophie bouddhiste ?), tout autant que d’examens historiques critiques renouvelés (la figure de Socrate, l’oeuvre d’art, la politique, l’expérience morale). 

Sous-Axe 1. L’École Rouennaise de PHénoménologie (ERPh) (sous la direction de N. Depraz) 

Inaugurée en 2018, l’École rouennaise de phénoménologie se veut fondamentalement interdisciplinaire et a pour vocation de faire dialoguer la phénoménologie avec les avancées scientifiques contemporaines, les différentes pratiques, par exemple politiques ou thérapeutiques, les questionnements relatifs à l’art et l’esthétique, mais également les multiples sagesses (bouddhisme, hindouisme, christianisme, soufisme, etc.) selon leurs diverses expressions. La phénoménologie se prête particulièrement bien à cet exercice en ce qu’elle se détermine ici spécifiquement comme une philosophie pratique et transversale de retour à l’expérience du sujet singulier et de micro-description située de cette expérience en première personne. A cet égard, la phénoménologie en tant que philosophie tire un bénéfice réel de sa confrontation à l’étude disciplinée de l’expérience que permet la micro-phénoménologie. Les axes de cette École sont les suivants : Phéno-Sciences, Phéno-Sagesses, Phéno-Pratiques, Phéno-Arts. À cette École sont adossés deux programmes de recherche en cours de développement, dans la continuité d’un premier financement obtenu pour chacun d’entre eux : 

  • Adochroniq : les adolescent.e.s face aux maladies chroniques (diabète, anorexie, schizophrénie). Au croisement de la phénoménologie, des sciences médicales et psychiatriques et des sciences humaines et de l’éducation ;
  • Recherches phénoménologiques hier et aujourd’hui : aspects philosophiques et linguistiques – la philosophie turque, en turc, en Turquie.

Sous-Axe 2. L’histoire de la pensée moderne, l’archive et la méthode. (projet de recherche et d’édition (2022-2025) sous la direction d’Emmanuel Faye avec différents partenariats)

  • La philosophie de l’homme de Charles de Bovelles, synthèse de la pensée humaniste en Europe, et son inspiration lullienne
  • Édition, avec Olivia Chevalier et Laura Moretti, de deux traités philosophiques du bénédictin lorrain Dom Robert Desgabets, La Critique de la Critique et le Traité de l’indéfectibilité des substances à partir d’un manuscrit conservé à la BNF. Dans le cadre de ces travaux, Laura Moretti a découvert dans la Bibliothèque bénédictine de Saint-Mihiel un traité que les spécialistes du cartésianisme croyaient perdu, l’Examen de la Recherche de la vérité, accompagné d’une correspondance en partie inédite entre Nicolas Malebranche, Claude Clerselier et Desgabets, et de Médiations inédites de Desgabets. Il s’agit d’une découverte majeure pour l’histoire du cartésianisme français ;
  • Édition d’un ouvrage collectif intitulé Cassirer et Heidegger et crédité par Emmanuel Faye, Jean Lassègue, François Rastier et Muriel van Vliet ;
  • La correspondance philosophique et littéraire de Jean-Pierre Faye. Analyse méthodique et valorisation du fonds d’archives déposé à l’IMEC et constitution d’un fonds complémentaire, composé d’un millier de lettres reçues et envoyées par Jean-Pierre Faye en cours de classement.
  • Organisation du colloque international et interdisciplinaire Tools or Weapons ? Concepts et méthodes de la philosophie, de la politique et de l’histoire avec Sidonie Kellerer (Universität zu Köln, Département de philosophie) et Stéphanie Roza (CNRS, UMR 5206) à l’Université de Cologne.

Sous-Axe 3. Conseil et délibération (sous la responsabilité d’A. Hourcade)

  • Conseil et délibération dans l’Antiquité : aspects rhétoriques, politiques, éthiques et éducatifs ;
  • Groupe de recherche interdisciplinaire franco-québécois Prendre en compte la vulnérabilité : définir, partager, agir, co-dirigé par Thierry Belleguic (U. Laval Québec), Jean-Pierre Cléro (ERIAC) et Annie Hourcade Sciou (ERIAC). Outre le renforcement des liens avec Québec et une collaboration accrue avec les facultés de médecine et de sciences infirmières de l’U. Laval, il s’agira de finaliser la collaboration tripartite engagée en 2019 (convention signée en 2020) avec l’UCAD (Université Cheikh Anta Diop de Dakar), avec le Center for Applied Philosophy de l’U. de Bucarest et avec l’INI (Institution Nationale des Invalides).

Sous-Axe 4. Philosophie des modèles, des simulations et des algorithmes (sous la responsabilité de F. Varenne)

L’objectif général est de continuer à enrichir puis appliquer – en interaction constante avec des scientifiques – une épistémologie discriminante, comparative et classificatrice adaptée aux différentes formes contemporaines de formalisation et modélisation dans les sciences et techniques. L’objectif dérivé est de mettre à disposition ces classifications pour produire une philosophie critique des modes contemporains de conceptualisation et de conception, en science, mais aussi en philosophie. On distinguera cinq projets de recherche. 

  • Fonctions épistémiques et usages des modèles : poursuite de l’analyse théorique et empirique des différences entre fonctions (explicative, prédictive, théorique, etc.) et usages (normatif, prescriptif, etc.) d’un modèle ;
  • Prédiction, explicabilité, causalité : Application de cette épistémologie discriminante des modèles au domaine nouveau de la modélisation de la prédiction pure, de la décision ou de l’intelligence (IA, Apprentissage Machine, Apprentissage Profond), après les cas étudiés en biologie, en agronomie et en géographie. La question centrale de l’explicabilité des algorithmes opaques sera traitée dans un premier temps, celle de la prise en compte nouvelle de la causalité ensuite.
  • Simulation, matérialité et métaphysique de la finitude ;
  • Philosophie des techniques et des mondes virtuels ;
  • Épistémologie critique des modèles pour la décarbonation : tournant computationnel et conception biomimétique des villes et bâtiments du futur.

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