“You can do what I tell you” : où et comment se construit le corps féminin dans le roman indien The Hour Past Midnight ?

Date : 12 décembre 2017
Horaire : 16h30-18h00
Lieu : UFR LSH | Bât. 3 | Salle du CETAS (A506) | Mont-Saint-Aignan

En Inde, normes sociales, religieuses et normes de genre conditionnent les relations entre les groupes et les personnes, ceci dans la plus grande diversité des statuts et des situations locales et régionales. Présenté comme dicté par la « tradition », le réglage des distances sociales et de genre s’inscrit pourtant aussi dans le temps. C’est ce jeu de distances, d’ouverture et d’enfermement, qu’expérimente Rabia, figure principale du roman indien The Hour past Midnight (Zubaan, New Delhi, 2009).
Salma, l’auteure, nous y décrit la complexité des rapports entre hommes et femmes et les conditions de la transformation d’une petite fille de 10 ans en une jeune fille « convenable ». La jeune Rabia est issue d’une famille musulmane aisée, dans un Tamil Nadu majoritairement hindou. Elle se retrouve, à ce moment de sa vie, en pleine situation d’apprentissage comportemental et prend conscience de la géographie qui lui est désormais imposée. Car les lieux revêtent une grande importance. Attitude et fréquentation des lieux sont intimement liés et, de la maison aux espaces public et collectif, des délimitations sont tracées par la mère, les autres femmes et les hommes.
Les limites sont parfois mouvantes et s’institue un jeu lié à cette éducation où Rabia, crée un espace de liberté, voire une place à la transgression, non sans conséquences. La maison, la cour, la rue, l’école, la bibliothèque ou le cinéma sont autant de terrains où Rabia découvre le monde et où elle se découvre elle-même, sous la surveillance familiale mais aussi en compagnie des « fantômes de femmes » qui ont obéi aux normes ou bien les ont transgressées.
Ce roman, emblématique de la littérature féministe indienne, recrée pour nous un univers complexe et riche, où les personnages féminins contribuent à ériger des limites pour garantir l’ordre imposé par les « traditions » tandis que d’autres tentent leur franchissement, avec plus ou moins de succès. Davantage qu’une tentative de généralisation, la re-création de cet univers composé de multiples touches aide à la compréhension des contextes d’apprentissage de la « condition féminine ».

Répondante : Odette Louiset