Pourquoi hommes et femmes ne jouent-ils pas sur le même terrain? La mixité dans le sport face aux normes de genre (Europe/Amériques, XIXe-XXIe siècles)

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La notion récemment développée par les pouvoirs publics français de “sport au féminin” interpelle particulièrement, de même que les “sex tests” imposés à certain.e.s athlètes intersexué.e.s comme la Sud-africaine Caster Semenya. Plus globalement, pourquoi la sphère sportive (du moins professionnelle et compétitive) est-elle pensée par certaines (Milner & Braddock, 2016) comme l’un des derniers  lieux où tout un chacun semble accepter la ségrégation selon le sexe biologique? Serait-ce là la dernière frontière que le mouvement anti-essentialiste rechigne à franchir?
Cette présentation s’interroge sur l’origine sportive de l’hégémonie masculine (notamment dans les Public schools britanniques) et sa remise en cause depuis la deuxième vague féministe. Le décret Title IX de 1972, obligeant les universités états-uniennes à débourser autant pour les programmes sportifs masculins que féminins, fait entrer le sport dans une nouvelle ère qu’on qualifiera de “separate but still not equal”.  Si les revendications anti-sexistes occupent de nos jours le devant de la scène médiatique, un raisonnement inspiré de la théorie queer chamboule ces discours binaires pour interroger dans le détail ce qui fait le sexe dans le sport professionnel états-unien. La communication s’appuiera sur un corpus historique, institutionnel et théorique car c’est bien la politisation des corps pensés comme des évidences biologiques qui est en jeu dans ces débats.

Intervenant : Peter Marquis, maître de conférences de civilisation américaine à l’Université de Rouen Normandie.