Dialogues entre les genres, les voix et les arts : L’écriture fictionnelle d’Elena Poniatowska (Querido Diego, te abraza Quiela ; Tinísima ; Leonora)

Date : 09 décembre 2019
Horaire : 14h00-18h00
Lieu : UFR LSH | Bât. Robespierre | Salle F101 | Mont-Saint-Aignan

Soutenance de thèse de Mme Rachel Bisson-Fradet

« Dialogues entre les genres, les voix et les arts : L’écriture fictionnelle d’Elena Poniatowska (Querido Diego, te abraza Quiela ; Tinísima ; Leonora) »

Jury :

  • Madame Michèle SORIANO (Université Toulouse Jean Jaurès, rapporteur)
  • Monsieur Fabrice PARISOT (Université de Perpignan Via Domitia, rapporteur)
  • Monsieur Karim BENMILOUD (Rectorat de Clermont-Ferrand)
  • Monsieur Francisco Javier RABASSÓ (Université de Rouen Normandie, co-directeur de thèse)
  • Madame Marie-José HANAÏ (Université de Rouen Normandie, directrice de thèse)

Résumé : À partir d’un corpus constitué de trois romans d’Elena Poniatowska, Querido Diego, te abraza Quiela (1978), Tinísima (1992), Leonora (2011), nous explorons les caractéristiques significatives de l’écriture fictionnelle poniatowskienne qui met la femme au centre de son univers narratif.
Notre étude met en relief l’hybridité générique de ces trois ouvrages à partir de l’étude du livre-objet, puis de l’analyse des seuils. Nous montrons que l’auteure recrée la vie et l’œuvre de trois artistes étrangères exilées au Mexique dans un espace textuel où s’entremêlent réalité historique et fiction romanesque. Dans un deuxième temps, nous explorons la fabrique du texte poniatowskien à travers les procédés scripturaux basés sur le collage de fragments de discours hétérogènes. Nous soulignons l’originalité d’une écriture qui, à la manière d’une mosaïque, imbrique les écrits des protagonistes, des extraits des propres œuvres de l’auteure et de celles d’autres écrivains, auxquels s’ajoutent des références intermédiales qui transforment l’acte de lecture en exploration des relations entre différents médiums. Par ailleurs, l’approche résolument polyphonique des romans engage un dialogue entre les voix et les textes, offrant un regard global sur la femme artiste au XXe siècle. Enfin, la troisième partie s’attache à mettre en évidence la fabrique des personnages féminins. Les romans ancrent les trajectoires et les choix des trois femmes dans une société androcentrée tout en mettant en évidence l’incidence des personnages masculins dans leur construction transgressive. Les textes (re)présentent des regards sur les milieux traditionnellement hostiles à la femme et sur les parcours de sujets exceptionnels dans l’histoire artistique mexicaine.