Mémoires et vulnérabilité
Cette journée d’étude s’inscrit dans le cadre du groupe de recherche interdisciplinaire « Prendre en compte la vulnérabilité » (Axe 3 de l’ERIAC « La philosophie dans la cité »). Notre réflexion vise à promouvoir une dynamique internationale, portée par une collaboration entre les départements de philosophie de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar et de l’université de Rouen Normandie, le département d’histoire de l’art de l’université d’Abomey-Calavi à Cotonou, ainsi que la Chair of Romance and Comparative Literature de l’Université de Bayreuth.
Cette journée d’échanges a plus particulièrement pour fil conducteur les problématiques posées par la vulnérabilité de la mémoire et la fragilité de ses traces. Elle se donne pour tâche d’interroger la manière dont l’art peut contribuer à la mise en oeuvre de processus de restauration, de réhabilitation et de réparation de la mémoire, ainsi que les modalités de cette contribution. L’enjeu de cette rencontre est double. Mettre en évidence, d’une part, ce que peut être une mémoire vivante in situ, notamment avec les interventions de la matinée qui auront pour finalité de rappeler, par le biais de l’enquête historique et de la représentation théâtrale, cette histoire tristement commune à la Normandie et au Sénégal, que ce soit en ce qui concerne l’esclavage ou les crimes commis sur les soldats français d’origine sénégalaise durant la Seconde Guerre Mondiale à Rouen. Mettre en oeuvre, d’autre part, dans le cadre des interventions de l’après-midi, une réflexion croisée sur les objets de soin de la Mission Dakar-Djibouti, considérés comme autant d’archives vivantes, afin de mesurer la portée de ces objets, et de leur restitution, dans une entreprise de réparation et de restauration mémorielle.
Programme
9h00 — Accueil
9h15 — Introduction
- Anke Bédoucha-Rosenow (Université de Rouen Normandie, ERIAC & Lycée J. Prévert, Pont-Audemer)
- Marie Brard et/ou Nicolas Coutant (Munaé)
- Marie-José Hanaï et/ou Sylvaine Bataille-Brennetot (Université de Rouen Normandie, ERIAC)
- Babacar Mbaye Diop (Université Cheikh Anta Diop, Dakar, GIRCI)
- Annie Hourcade Sciou (Université de Rouen Normandie, ERIAC)
Session 1 — Des mémoires vivantes in situ (Rouen)
Modération : Ute Fendler (Africa Multiple Cluster of Excellence , Université de Bayreuth)
09h50 — Éric Saunier (Université Le Havre Normandie, MRSH), « Le Sénégal et la Normandie: une histoire en partagedu XVIe siècle au XXe siècle »
10h35 — Dicko Hamon (Collège Boieldieu, Rouen) & Jean-Louis Roussel (formateur en Histoire), « Retour d’expérience sur la construction des mémoires du massacre du 9 juin 1940 à Rouen, l’exemple du Collège Boieldieu (Rouen) »
11h20 — Lou Simon (Marionnetiste, metteuse en scène, interprète et constructrice Cie Avantlaverse), « Le projet Les Insomniaques (Visio)
12h10 — Déjeuner
Session 2 — Les objets de santé : des archives vivantes
Modération : Annie Hourcade Sciou (Université de Rouen Normandie, ERIAC)
14h05 — Babacar Mbaye Diop (Université Cheikh Anta Diop, Dakar, GIRCI), « Objets de soin et pratiques thérapeutiques au Sénégal »
14h50 — Julien Bondaz (Université Lyon 2, LADEC), « Transplanter les savoirs botaniques. Herbier et objets végétaux de la mission Dakar-Djibouti »
15h35 — Bah Jean-Pierre Kouakou (Université Alassane Ouattara, Bouaké), « Les soins dans la puériculture ivoirienne : une nomenclature de maladies méconnues par les sciences médicales » (visio)
16h20 — Thierry Boudjekeu (Université de Bayreuth), « Les objets de santé dans les récits africains »
17h05 — Conclusion : Perspectives et programme 2026-2027, Anke Bédoucha-Rosenow
17h15 — Visite libre des productions d’élèves et de la plaque commémorative du massacre de juin 1940, rue Bihorel, Munaé.
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