Centre(s), marges, relégation aux XVIIe et XVIIIe siècles dans les îles britanniques,en Amérique du Nord et en France

Couverture de Centre(s), marges, relégation aux XVIIe et XVIIIe siècles dans les îles britanniques, en Amérique du Nord et en France"  Résumé

Du minutieux Atlas de l’Écosse (1654) de Blaeu, à l’ample Monde décrit (1715) de Moll, les XVIIe et XVIIIe siècles se cherchent des repères en redessinant leurs contours épistémologiques. Ces actes, issus des 17e Journées des doctorant·es et jeunes chercheur·euses de la SEAA 17-18 et de la SFEDS, qui se sont déroulées les 25 et 26 septembre 2025 à l’université de Rouen-Normandie, explorent la façon dont cette époque réorganise les espaces propres et figurés à travers les concepts de centre, de marge et de relégation.
Les trois termes de ces journées se définissent les uns par rapport aux autres. Le centre est un point de convergence et de référence qui impose son propre système de gravitation, et donc de domination, en posant lui-même les frontières qui le délimitent. La marge est un espace négatif par nature, qui se situe en dehors, au-delà des limites de l’en-dedans définies par le centre. De l’un à l’autre, la relégation se définit comme une mise à l’écart, une exclusion du noyau principal, et s’entend plus précisément comme un mouvement de l’espace central vers l’espace marginal. Perçue depuis le centre, la relégation est un processus de déchéance. Mais en créant ses propres marges et en y reléguant ses acteurs, le centre engendre potentiellement les conditions de sa dissolution et de sa propre marginalisation.
Ce sont ces notions qui sont questionnées et remises en jeu par les auteurs et autrices de ces actes, Félix Brêteau et Pierre-Alexandre Delorme, Lucien Grillet, Maïann Stachnik, Claire Schiano-Locurcio, Jeanne Baudon, Orlane Drux, et Nolwenn Pamart.
Multiples, protéiformes et fluctuants, les centres et marges évoqués ici témoignent de l’instabilité des hiérarchies, relations et réseaux de la première modernité. La notion de relégation permet de dépasser la binarité induite par le couple marge et centre et souligner le mouvement, le flux, l’instabilité. Les articles de ces actes insistent sur le brouillage des frontières entre centre et marge, sur la façon dont l’un peut se muter en l’autre, dont les centre se font, se défont, et se fondent dans les marges, ainsi que sur les processus selon lesquels des espaces de marge peuvent émerger comme de nouveaux centres.


 Format : En ligne
 Aut·eur·rice(s) : Alice Marion-Ferrand, Alice de Nanteuil (dir.)
 Éditeur : SEAA 17-18
 Pays : France
 Date : 21/09/2026
 Support numérique : Hypothèses
 Langue(s) :  fra
 Nombre de pages : 85