Pour (ne pas) conclure

Auteur : Catherine FILIPPI-DESWELLE

Résumé

Cette présentation de la « Théorie des opérations énonciatives » d’Antoine Culioli est centrée plus particulièrement sur le concept d’ajustement. Après un rappel de ses acceptions courantes, il est mis l’accent sur le statut de métaterme qu’acquiert le mot « ajustement », dans un cadre théorique basé sur la redécouverte du langage en tant qu’activité signifiante, dynamique et ajustable, des sujets énonciateurs, fondée sur une conception de la communication s’attachant à rendre compte des réussites mais aussi des malentendus. L’activité énonciative, tout en assurant la stabilité des références (invariance), est le lieu de la déformabilité (variation) des interprétations en contexte, ce qui correspond au degré zéro de l’ajustement. Il existe aussi un degré marqué d’ajustement dans les cas de modulations subjectives s’appuyant sur une connivence inter-sujets d’une part, et dans les reformulations indiquant un obstacle à l’intercompréhension de l’autre. La TOE est ainsi une linguistique des ajustements énonciatifs.

Abstract

The present paper focusses on the concept of adjustment in Antoine Culioli’s Theory of Enunciative Operations. After a summary of its meanings in ordinary language, the perspective is put on the metalinguistic acception of the word “adjustment” in a theoretical framework based on language revisited in terms of a meaningful activity, both dynamic and adjustable, on the part of speakers, which refers to a conception of communication dealing with felicitous as well as infelicitous utterances. Semantic invariance (stability) coexists with a variety of contextual and pragmatic meanings (deformability), corresponding to an unmarked level of adjustment. A marked level of adjustment may also be taken into account either when subjective modulations based on shared knowledge prevail or when rectifying reformulations occur in a situation of misunderstanding. Enunciative (intersubjective) adjustments and readjustments are thus at the core of Antoine Culioli’s linguistics.


L’auteur

Agrégée d’anglais, Catherine Filippi-Deswelle est maître de conférences à l’Université de Rouen où elle enseigne la linguistique anglaise. Elle est membre du laboratoire de l’ERIAC EA 4307. Elle travaille notamment sur les connecteurs dans le cadre de la Théorie des Opérations Enonciatives élaborée par Antoine Culioli et est l’auteure d’articles sur anyway et le though dit adverbial : « Anyway ou le mode énonciatif du savoir en prendre et en laisser », Revue Anglophonia 26, Toulouse, Presses Universitaires du Mirail, 2009, p. 121-150 ; « Quand “je” est un “autre” ou quand though, marqueur de relance discursive (d’“afterthought”), introduit une altérité intrasubjective », dans L’Altérité dans les théories de l’énonciation, Lionnel Dufaye et Lucie Gournay (éds), collection Langues, Langage et Textes (dirigée par Jacqueline Guillemin-Flescher), Paris, Ophrys, 2010, p. 37-55. Ces études se proposent d’approfondir les concepts d’ajustement, d’altérité et de sujet énonciateur-locuteur dans la TOE (voir http://eriac.univ-rouen.fr/author/catherine-deswelle/).


Première édition

Catherine FILIPPI-DESWELLE (2012) « Pour (ne pas) conclure », dans L’ajustement dans la TOE d’Antoine Culioli, Catherine FILIPPI-DESWELLE (éd.), Collection linguistique Épilogos, 3, Rouen, Publications Électroniques de l’ERIAC, p. 303-358.

ISBN : 978-2-919501-02-1


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Pour citer l’article

Catherine FILIPPI-DESWELLE, « Pour (ne pas) conclure »,
Epilogos, 3, 2012,
L’ajustement dans la TOE d’Antoine Culioli

© Publications Electroniques de l’ERIAC, 2012.

URL : http://eriac.univ-rouen.fr/pour-ne-pas-conclure/

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