Favorinos d’Arles ou le corps paradoxal de l’orateur

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Isabelle Gassino, maître de conférences en Langue et Littérature grecques, Université de Rouen Normandie

Même si son nom est aujourd’hui peu connu, Favorinos d’Arles, orateur à succès du IIe siècle de notre ère, a, en son temps, littéralement déchaîné les passions. Né en Gaule, à Arelate (Arles), il a été formé aux lettres latines et grecques et s’est forgé un nom dans l’art oratoire dont il fut l’un des représentants les plus célèbres de son époque.
A bien des égards, Favorinos est un paradoxe incarné : alors qu’il était né eunuque, il fut accusé d’adultère avec l’épouse d’un haut personnage ; originaire de Gaule, il maniait la langue grecque comme personne; entré en polémique avec l’empereur Hadrien lui-même, et menacé de mort à ce titre, il a néanmoins réussi à garder la vie sauve. Cependant, le paradoxe le plus flagrant réside sans aucun doute dans le fait qu’il a été l’un des plus illustres représentants de l’art oratoire, activité éminemment masculine, alors que, selon tous les témoignages, il se distinguait par une voix haut perchée et une allure identifiée comme féminine.
À travers l’exemple de Favorinos, nous voudrions voir pourquoi, selon les Anciens, l’art de la parole était, de fait, réservé aux hommes et comment un homme « incomplet » comme Favorinos en est venu, malgré tout, à incarner une forme d’excellence dans ce domaine.

Répondante : Catherine Baroin