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SUMMARY:Décidément\, un adverbe d’énonciation décidément bien difficile à traduire : étude de quelques traductions vers l’anglais
DESCRIPTION:Cette communication porte sur le fonctionnement de l’adverbe décidément\, recherche en cours initiée par le groupe de recherche IDEAL de l’UPEC. Il s’agit de donner une caractérisation de décidément et d’aborder les problèmes de traduction qu’il pose en anglais. Ainsi\, nous interrogerons le lien entre décidément et decidedly\, puis nous examinerons d’autres traductions comme again\, definitely\, simply\, ou le verbe seem trouvés dans le corpus CODEXT. On constate également de nombreux énoncés dans lesquels l’adverbe n’est pas traduit du tout en anglais. \nSi l’on peut dire sommairement\, suite à O. Ducrot (1980)\, que décidément exprime une fatalité intrinsèquement liée à une série d’événements\, on constate que les ajustements intersubjectifs subtils et variés auxquels il est associé sont particulièrement délicats à traduire en anglais. En tant qu’adverbe d’énonciation mettant en jeu une forte dimension intersubjective\, décidément sera étudié dans le cadre de la Théorie des Opérations Énonciatives. Nous chercherons à montrer les opérations énonciatives de l’adverbe dans des énoncés du type « Décidément\, les femmes sont curieuses »\, en tenant compte de ses valeurs en contexte\, mettant en jeu différentes propriétés d’événements.  L’examen de cette diversité d’emplois permettra de caractériser (autant que possible) l’identité de décidément\, en le comparant notamment à d’autres adverbes d’énonciation comme encore ou finalement. \n\nDe Vogüé\, S.\,  Paillard\, D. (1997)\, « Identité lexicale et hétérogénéité de la variation co-textuelle : le cas de suivre »\,  in Co-texte et calcul du sens\, C. Guimier (éd.)\, Caen\, Presses Universitaires de Caen.\nDucrot\, O. (1980)\, Les mots du discours\, Paris\, Éditions de Minuit.\nFranckel\, J.J. (2018)\, « Je vois ce que tu veux dire »\, Corela [En ligne]\, 16\, 1\, 2018\, mis en ligne le 08 juillet 2018\, consulté le 21 février 2019.\nHermoso Mellado A.\, Anscombre J.C. (2011/2)\, « Étude des adverbes Décidément / Decidamente… et quelques autres »\, in Revue française de linguistique appliquée\, vol. 16.\nPerrin\, L. (2013)\, « Les formules monologiques et dialogiques de l’énonciation »\, in Benveniste après un demi-siècle\, Regards sur l’énonciation aujourd’hui\, L. Dufaye et L. Gournay (éd.)\, Paris\, Ophrys.\n\nFrançoise DORO-MEGY est MCF en linguistique anglaise à l’Université Paris-Est Créteil\, membre du laboratoire IMAGER\, dans le groupe de linguistes IDEAL. Ses recherches portent sur des phénomènes de modalisation\, notamment dans une approche contrastive anglais-français. Ses études sur l’évaluation subjective s’insèrent dans un cadre énonciatif qui prend en compte le rôle de l’engagement de l’énonciateur et l’ajustement intersubjectif liés à l’activité de langage. Elle a notamment travaillé sur le statut assertif des énoncés\, et plus particulièrement sur la traduction des verbes d’évaluation subjective think\, believe\, see\, trouver\, estimer ou considérer pour mettre en évidence les conditions d’utilisation de ces verbes en anglais et en français à travers l’analyse de textes traduits. Elle a publié quelques articles sur l’évaluation subjective et la modalisation des énoncés\, en montrant le fonctionnement de ces verbes et leurs impacts sur l’agencement discursif en anglais et en français. Elle a publié l’ouvrage Étude croisée de  » think »\, « believe »\, « croire » et « penser »\, « Linguistique contrastive et traduction »\, numéro spécial\, Paris\, Ophrys\, 2008. On peut également citer l’article « Traduire l’évaluation subjective : exemple du verbe estimer » in Linguistique contrastive et traductologie anglais/français : quels enjeux. Ela. Etudes de Linguistique Appliquée\, Revue de didactologie des langues-cultures et de lexiculturologie\, 4/2013\, n°172\, p. 415-42. Klincksieck\, 2013.
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SUMMARY:Une manifestation du cycle de Jespersen en grec ancien : emphase en synchronie\, impasse en diachronie
DESCRIPTION:Dans le cadre bien connu du renouvellement des indéfinis négatifs\, on admet généralement que les nouvelles formes ont une valeur pragmatique\, dite « emphatique »\, avant que ces nouvelles formes ne soient employées par défaut. La notion d’emphase mérite cependant d’être précisée et appuyée sur des critères linguistiques. C’est le but principal de cette présentation\, qui s’appuie sur les données du grec de la fin de la période classique (première moitié du IVe siècle avant notre ère). \nLe renouvellement considéré est le suivant : à la fin de l’époque classique\, l’indéfini négatif par défaut οὐδείς [u:dé:s] (‘aucun’\, ‘rien’) est scindé en deux mots graphiques et fonctionnels οὐδ(έ)… εἷς [u:dé hê:s] (‘pas même… un seul’)\, ce qui conduit à redonner à l’indéfini négatif son sens originel et motivé. Le phénomène est bien connu des hellénistes\, qui l’expliquent habituellement comme une manifestation du cycle de Jespersen\, dans une acception lâche de la notion\, c’est-à-dire comme un renforcement sémantique de l’indéfini négatif. Les formes scindées qui en résultent sont donc décrites comme des indéfinis négatifs emphatiques. \nUne telle approche fait émerger une question qui n’a jamais été étudiée jusqu’à présent : si les formes scindées sont emphatiques\, elles n’ont donc pas exactement le même sens que les formes univerbées. Les différences concernent la portée de la négation\, la possibilité d’emploi comme termes à polarité négative\, les possibles emplois quantifiants. La différence la plus frappante porte sur l’effet abaissant de la négation\, une caractéristique qui n’est pas toujours observée dans les formes scindées\, contrairement aux formes univerbées. Il s’agit donc d’examiner précisément les critères qui différencient les formes scindées des formes univerbées. Pour ce faire\, je m’appuie sur un corpus de prose classique pour tester les différents critères et rendre compte des emplois réellement attestés. \nÀ travers cette étude de cas\, je montrerai que le développement diachronique n’est pas aussi simple qu’il y paraît et que la valeur emphatique est un effet secondaire provoqué par des caractéristiques proprement linguistiques liées à la focalisation et à la quantification. \nCamille DENIZOT est maître de conférences de linguistique grecque à l’université Paris Nanterre. Ses recherches portent sur la syntaxe\, la sémantique et la pragmatique du grec ancien. Après avoir travaillé sur les formes linguistiques de l’injonction dans cette langue (Donner des ordres en grec ancien. Étude linguistique des formes de l’injonction\, 2011\, Mont-Saint-Aignan\, PURH)\, elle s’intéresse à présent à plusieurs questions : dans une perspective pragmatique\, aux questions de politesse et à l’exclamation\, et dans une perspective syntaxique et sémantique\, à l’expression de l’éventualité et aux négations multiples du grec.
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SUMMARY:La co-occurrence des prépositions por et para + infinitif en castillan dans l’expression du but : de l’espagnol ancien à nos jours
DESCRIPTION:Elena GASPAR GARCIA est hispaniste à l’Université de Rouen Normandie \nL’objectif de notre présentation est de montrer l’ambivalence de la préposition por en castillan ; en effet\, elle s’emploie pour exprimer la cause mais également le but entrant ainsi en co-occurrence -dans certains co-textes- avec la préposition para\, qui elle\, est indiscutablement une préposition de but. L’attribution de la valeur finale à la préposition por est une question qui s’avère épineuse dans la mesure où les linguistes –notamment hispaniques et francophones- divergent quant à la valeur finale de cette préposition. Cet emploi amphibologique de por pose problème lorsqu’il s’agit de déterminer sa place dans le système prépositionnel espagnol et de définir son sémantisme sans négliger les effets de sens produits dans le discours. \nPour aborder cette question nous réaliserons une étude diachronique de la préposition por pour mieux comprendre cette valeur finale en parcourant les différentes étapes de son évolution ainsi que les diverses valeurs qui lui ont été attribuées aussi bien dans les dictionnaires que dans les grammaires et ouvrages linguistiques. Notre intérêt portera également sur l’étude de l’aspect lexical de l’infinitif régi par cette préposition afin de délimiter les co-textes favorables à sa présence. Enfin\, nous adopterons une approche pragmatique pour expliquer les traits spécifiques à chacune de ces prépositions\, qui\, n’étant pas neutralisables\, ni point de vue sémantique ni syntaxique ou encore\, pragmatique\, sont bel et bien\, distinctes dans l’expression du but.
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SUMMARY:Paramètres typologiques et énonciatifs construisant la surprise en anglais
DESCRIPTION:Je me propose d’étudier la place de l’expression linguistique de la surprise au sein du champ sémantique du nouveau et de l’inattendu\, relevant de la catégorie du miratif\, selon une approche de la variation d’ordre typologique : peut-on établir une stricte équivalence entre surprise et mirativité ? \nJ’aborderai également la problématique de la relation forme(s) – sens à travers le questionnement suivant : le lexique de la surprise suffit-il en lui-même à évoquer l’altérité (qui découle de son sémantisme) ? Les études de cas porteront sur la langue anglaise\, avec comme supports divers genres discursifs. Ainsi\, il sera intéressant d’analyser les mots de la surprise en interaction avec les contextes dans lesquels ils s’insèrent\, afin (1) de dégager les contraintes de sélection qui permettent leur emploi\, et (2) d’interroger la capacité de ces spécificités contextuelles à fonctionner comme mode d’explicitation épilinguistique\, rendant accessibles les propriétés de la polyopération énonciative à l’œuvre dans la construction / reconstruction du sens de la « surprise ». \nCatherine FILIPPI-DESWELLE est MCF en linguistique énonciative appliquée à la langue anglaise\, à l’Université de Rouen Normandie. Elle est membre du laboratoire ERIAC et co-organisatrice du présent séminaire. Dans le cadre de la Théorie des Opérations Enonciatives (TOE) élaborée par Antoine Culioli\, elle s’intéresse aux catégorisations modales\, comme celle de l’intensification ; elle est l’auteure des travaux scientifiques suivants : \n2015\, « Les degrés de la surprise »\, in Natalie Depraz & Claudia Serban (Eds.)\, La Surprise. A l’épreuve des langues\, Paris\, Hermann\, 219-238. <hal-01779743>\n2014\, « Lexical and Grammatical Gradability »\, JE Agrégation Option C sur « L’expression du degré »\, organisée par Catherine Moreau à l’Université de Bordeaux 3\, le 24 janvier 2014 ; sur Culioli et Sapir ; sur la notion de « surprise ». <hal-01706139>
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SUMMARY:Travaux sur le lexique des affects dans le cadre de la relation forme-sens
DESCRIPTION:Denis LE PESANT est professeur de linguistique française à l’Université Paris Nanterre \nDans un ouvrage non encore publié\, je décris le lexique des affects (près de 3000 adjectifs\, adverbes\, verbes et noms\, simples et locutionnels) sous la forme d’une sorte de thésaurus divisé en deux catégories comprenant\, respectivement\, 25 et 35 classes sémantiques. Dans ma communication\, l’accent sera moins mis sur la classification elle-même que sur ses principes théoriques et méthodologiques\, qui visent à ce que les classes sémantiques soient définies par des agrégats de propriétés syntaxiques. Il existe également une version tabulaire du thésaurus (sur Microsoft-Excel) implémentable sur la plate-forme d’ingénierie linguistique NooJ\, à des fins de travaux de linguistique de corpus ; cet aspect de mon travail sera rapidement évoqué. \nDenis Le Pesant est professeur émérite de l’Université Paris Nanterre. Sa thèse (1987)\, dirigée par Maurice Gross et Jean-Roger Vergnaud\, porte sur la syntaxe des propositions relatives. Ses travaux\, à partir de 1995\, se situent dans la lignée de ceux de Maurice Gross\, Gaston Gross et Jean Dubois. Ses principaux domaines de recherche auront été : les phénomènes d’anaphore\, le lexique de la localisation statique et cinétique et\, plus récemment\, le lexique des affects.
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SUMMARY:Variation syntaxique et types de textes dans les langues scandinaves médiévales
DESCRIPTION:La reconstruction de la syntaxe du protogermanique et sa prise en compte dans les études diachroniques de syntaxe indo-européenne soulèvent des difficultés importantes du fait des particularités du corpus que l’on conserve dans la plupart des langues germaniques anciennes : le corpus gotique est entièrement traduit du grec ancien\, et une part très importante des textes que l’on conserve en vieil anglais et en vieux haut allemand sont des traductions du latin. Le vieil islandais occupe une position particulière dans ce tableau : la plupart des textes que l’on conserve sont nettement plus tardifs que ceux des autres langues germaniques anciennes ; mais on dispose d’un corpus très important de textes non traduits et non poétiques. Cette langue joue donc un rôle important dans la comparaison et dans la reconstruction\, et à ce à double titre : outre qu’elle fournit des données dans lesquelles l’influence des langues classiques est relativement faible\, elle constitue également un terrain particulièrement intéressant pour observer ce que les interférences avec le latin sont susceptibles de provoquer. En effet\, à côté de la littérature vernaculaire\, il existe également un corpus important de textes traduits à partir du latin ou d’autres langues (ancien français et moyen bas allemand en particulier)\, ainsi que des textes dont le style imite celui de ces langues jugées plus prestigieuses. \nLes spécialistes de linguistique et de littérature nordiques opèrent depuis longtemps avec une distinction\, remontant à Nygaard (1896)\, entre style savant (learned style\, lærde stil) et style populaire (popular style\, folkelig stil)\, que des travaux plus récents se sont attachés à affiner et à nuancer. La comparaison systématique entre la prose des sagas et celle des textes dits « savants » a permis de mettre en lumière des différences significatives en ce qui concerne\, par exemple\, la syntaxe des subordonnées relatives et celle des participes. Néanmoins\, cette manière de procéder aboutit parfois à des apories\, qui sont en partie dues à la frontière relativement fluide entre les deux types de textes. \nL’objet de cette conférence est de montrer qu’une meilleure prise en compte des données de la langue poétique et des autres langues germaniques anciennes permet de préciser certains aspects de la description de la syntaxe des participes en vieil islandais\, et de mieux distinguer ce qui résulte de l’emprunt syntaxique et ce qui relève de l’archaïsme hérité. \nAudrey MATHYS est boursière postdoctorale de la Fondation Alexander-von-Humboldt ; elle travaille actuellement à la Ludwig-Maxilians-Universität à Munich (Allemagne). Elle s’intéresse à la grammaire comparée des langues indo-européennes\, et en particulier à la syntaxe diachronique. Sa thèse de doctorat\, soutenue en 2013\, portait sur le neutre adverbial en grec ancien ; elle a ensuite étendu ses recherches à d’autres questions de linguistique diachronique du grec ancien et des langues germaniques anciennes. Elle est l’auteur de plus d’une dizaine d’articles à propos du grec ancien et du vieil islandais\, dont une présentation de cette langue parue dans le numéro 38 de la revue Lalies (2018)\, et d’une monographie\, Adverbes et participes en grec ancien (à paraître aux PURH).
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