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SUMMARY:L’humain et ses limites. Penser la finitude humaine : perspectives contemporaines
DESCRIPTION:La question des limites de l’humain constitue l’un des fils rouges de l’histoire de la philosophie\, depuis les premières réflexions aristotéliciennes sur la perfectibilité humaine jusqu’aux analyses contemporaines de notre rapport à la technique et à la nature. Si Kant a profondément transformé notre compréhension de la finitude\, en faisant de la limite non plus une simple borne négative mais une condition positive de la connaissance\, l’époque contemporaine se trouve confrontée à une double tension : d’une part\, l’héritage critique kantien qui pose la finitude comme constitutive de la raison humaine ; d’autre part\, le développement spectaculaire des sciences et des technologies qui semble promettre un dépassement inédit de nos limitations naturelles. Ces questionnements philosophiques sur les limites de l’humain trouvent un prolongement significatif dans la littérature contemporaine\, comme en témoigne l’œuvre de Colson Whitehead. Sa reconfiguration du genre post-apocalyptique dans Zone One (2011) propose une réflexion ontologique sur la porosité des frontières entre l’humain et le non-humain\, et interroge ainsi les fondements mêmes de notre compréhension de la condition humaine et de ses limitations intrinsèques. \nLa notion de limite\, centrale dans l’histoire de la métaphysique\, se trouve ainsi profondément questionnée aujourd’hui. En quoi la représentation de la catastrophe zombie permet-elle de repenser les limites de l’humain à l’ère post-apocalyptique ? Comment penser les limites de l’humain après les catastrophes d’Auschwitz et d’Hiroshima et la remise en cause radicale de la métaphysique traditionnelle qu’elles impliquent ? Comment concilier\, d’un point de vue épistémologique\, l’immensité de la nature finie et les conditions limitatives de la connaissance humaine ? Enfin\, en quoi la reconnaissance de notre finitude peut-elle nous aider à repenser notre rapport à la nature\, à la technique et à la science ? \nCette journée d’étude\, organisée par Lucie Wezel\, se propose d’explorer différentes conceptualisations de la finitude humaine à travers quatre perspectives contemporaines. Ce parcours permettra d’interroger comment la métaphysique occidentale\, dans son projet même de dépassement des limites de l’expérience sensible\, s’est constamment heurtée à la question de la finitude\, jusqu’à sa remise en cause radicale par la philosophie post-métaphysique du XXe siècle et la littérature postapocalyptique du XXIe siècle. \nProgramme\n9h30 — Accueil des participants \n9h45 — Mots introductifs \n10h00 — Session 1 – littérature postapocalyptique \n\nYves Gardes (Université de Rouen Normandie\, ERIAC)\, « Liminalité ontologique et répétition mécanique : les frontières de l’humain au prisme des stragglers dans Zone One »\n\n10h45 — Pause-café \n11h00 — Session 2 – La technique comme destin \n\nChristophe David (Université de Rennes II)\, « Il était une fois une anthropologie qui regardait l’humain comme “non fixé” et se vit limitée dans ses prétentions philosophiques par une époque proclamant l’obsolescence de cet humain “non fixé”… »\n\n12h15 — Pause déjeuner \n14h00 — Session 3 – Penser après la catastrophe \n\nLucie Wezel (Université de Rouen Normandie\, ERIAC)\, « La crise de la métaphysique depuis Auschwitz : Adorno face aux limites de l’humain »\n\n15h15 — Pause-café \n15h30 — Session 4 – Perspectives épistémologiques contemporaines \n\nFranck Varenne (Université de Rouen Normandie\, ERIAC)\, « Immensité de la nature finie et conditions limitatives de la connaissance humaine : approche matérialiste et naturaliste des nouvelles finitudes »\n\n16h45 — Mots conclusifs et fin de la journée d’étude. \n Télécharger le programme
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SUMMARY:Transdisciplinarité et fractales
DESCRIPTION:Première journée d’étude inter-labos et inter-composantes du « Cycle de recherche sur la transdisciplinarité : Anthropocène et tissage des disciplines par les concepts »\nDans le contexte de l’Anthropocène\, le constat d’une interpénétration du mondain et du mondial (Serres)\, de l’histoire humaine et de l’histoire naturelle (Chakrabarty)\, montre l’impérieuse nécessité d’une évolution urgente\, mais autant que possible réfléchie et concertée\, des rapports entre disciplines scientifiques. Le monde de la recherche en convient déjà : le nombre de projets\, colloques et séminaires sur ces sujets en atteste. Le cycle que nous lançons participe de ce mouvement. Il a cependant pour objectif spécifique une étude collégiale des formes à la fois possibles et souhaitables d’articulations étroites entre disciplines dans le contexte inédit – et cerné d’urgences – de l’Anthropocène. D’où le choix de notre objet : les nouvelles transdisciplinarités appelées par l’Anthropocène. \nPartant de l’hypothèse que les approches systémiques (système Terre\, hypothèse Gaïa)\, intégratives\, participatives ou procédant selon les concepts issus de la pensée complexe (Morin) ou encore de théories plus spécifiques des systèmes complexes (Li Vigni)\, malgré les contestations qu’elles essuient parfois\, sont des acquis pour ce qui concerne la manière qu’ont certaines disciplines de devoir reconsidérer leurs méthodes ou objets propres ou encore de se retrouver autour d’un même objet complexe\, notre questionnement portera sur les relations réelles sinon souhaitables entre disciplines\, sur la nature des nouveaux rapports à favoriser entre elles. Si l’on peut très grossièrement caractériser la pluridisciplinarité comme le partage d’un même objet par plusieurs disciplines\, l’interdisciplinarité comme le partage d’une même méthode et d’éléments de logique\, la transdisciplinarité ambitionne de partager les mêmes concepts et\, ce faisant\, de toucher au cœur des disciplines. De par son caractère intrusif et sa radicalité suspecte\, la transdisciplinarité a souvent été contestée\, marginalisée et vue\, parfois à juste raison\, comme un projet idéologique. Nous faisons l’hypothèse que l’urgence actuelle mérite qu’on réévalue la question : ne nous faut-il pas\, dans le contexte de l’Anthropocène\, non seulement de nouvelles pluridisciplinarités\, de nouvelles interdisciplinarités mais aussi\, plus fondamentalement\, de nouvelles transdisciplinarités ? \nCe cycle\, organisé par Stéphane Pessina (Université de Rouen Normandie\, CUREJ)\, Thierry Roger (Université de Rouen Normandie\, CÉRÉdI) et Franck Varenne (Université de Rouen Normandie\, ERIAC) prend la forme d’une recherche épistémologique\, méthodologique et logique\, de nature interdisciplinaire\, autour d’un objet commun à construire ou enrichir : un type nouveau\, souhaitable\, ouvert\, révisable\, opérationnel et transmissible de transdisciplinarité. \nArgumentaire de la première journée\nComment\, dans le contexte de l’Anthropocène\, peut-on favoriser le tissage concerté et ouvert des disciplines par les concepts ? Telle est donc notre question directrice. Pour notre première journée d’étude\, c’est le concept de « fractale » qui a été choisi comme candidat possible – parmi d’autres – au statut de concept transdisciplinaire déjà installé et\, à ce titre\, instructif. \nUne forme est dite fractale lorsqu’elle est fortement découpée\, fracturée ou échancrée\, tout en manifestant un type très similaire de fracture à différentes échelles d’observation : on dit qu’elle est similaire à elle-même ou auto-similaire. Une telle forme est donc à la fois complexe et simple : pouvant être causée par des règles locales déterministes ou aléatoires mais manifestant pourtant des régularités globales\, elle existe et est causée de façon similaire à des échelles distinctes. Elle peut ainsi résulter de la contribution d’acteurs ou d’agents distincts ou hétérogènes\, opérant à différentes échelles ou soumis à différents facteurs. Par là\, elle semble pouvoir conférer une nouvelle et large capacité de description mais aussi d’explication conjointes – au moyen de mécanismes générateurs analogues – d’un certain nombre de phénomènes complexes et composites. Elle paraît ainsi permettre à des disciplines hétérogènes et travaillant à différentes échelles de s’articuler davantage et plus rigoureusement. \nDès qu’il a été conçu et popularisé par le mathématicien Benoît Mandelbrot\, le concept de fractale a connu un destin transdisciplinaire foudroyant : il a été adopté comme concept tantôt descriptif tantôt explicatif aussi bien en finances\, en géologie\, en physique des matériaux\, en thermique (avec le concept conjoint de constructale)\, en hydrologie\, en géomorphologie\, en géographie humaine\, en anthropologie\, en art\, en musique\, en anatomie\, en botanique\, en biologie du développement (morphogenèse)\, en cosmologie\, en informatique et imagerie de synthèse. Le caractère extrêmement disparate de ses lieux d’application comme son fort pouvoir de migration interrogent : s’agit-il seulement d’usages analogiques ou métaphoriques ? Ou tiendrions-nous là une sorte d’universel – la « fractalité » – qui traverserait les disciplines\, les processus\, les échelles\, les niveaux d’organisation\, voire les niveaux de réalité ? Et\, quand bien même ce serait le cas\, pourquoi les fractales devraient-elles plus spécialement relever d’une sorte de transdisciplinarité forte alors que la migration transdisciplinaire et millénaire de bien d’autres concepts mathématiques dans maintes disciplines ne semble pas autant nous prédisposer à le penser ? Ne s’agit- il pas là de l’effet d’une simple fascination passagère\, causée par une sorte de « biais d’étrangeté » lui- même déclenché par ce qui a justement longtemps été conçu comme un « monstre mathématique » (Mandelbrot\, 1982) avant qu’il ne rentre sagement dans la boîte à outils mathématiques ? Ou bien\, au contraire\, y a-t-il comme une fatalité ou plutôt inévitabilité fractale\, effectivement réelle et intrinsèque qui traverserait les niveaux d’organisation eux-mêmes comme semblent en témoigner de manière troublante certaines théorisations\, en particulier en géographie humaine et en géohistoire ? Ainsi\, la fractalité spontanée et quasiment irrépressible des villes (Frankhauser\, Pumain) n’est-elle pas une cause majeure de l’étalement et du mitage urbains ? Au-delà des déterminismes géographiques simplistes et régulièrement fustigés un peu vite comme tels – encore récemment par le prix Nobel d’économie 2024 (Acemoglu) – la dimension fractale des côtes européennes n’est-elle pas un facteur explicatif majeur de cette domination occidentale (Cosandey) qui nous a précipités dans l’Anthropocène ? Et les analyses économiques et sociales peuvent-elles s’abstraire de ces rôles donnés à la fractalité au motif qu’il s’agirait simplement d’une nouvelle et énième forme de naturalisation et de dépolitisation des questions sociales ? Or\, justement : qu’est-ce qui est naturel dans une fractale ? \nAinsi\, dans quelle mesure peut-on dire que le concept de fractale traverse fortement les disciplines et qu’il les incite\, ce faisant\, à effectivement s’entrelacer et se tisser ? Son emploi très large permet-il une articulation forte entre disciplines\, comme on pourrait l’espérer\, voire le craindre ? Car le « fractalisme » ne tend-il pas aussi vers une sorte de réductionnisme ou de structuralisme idéologique ? Mandelbrot lui- même n’a-t-il pas écrit qu’avec ce concept\, il voulait fonder non pas seulement un nouveau formalisme mais bien « une nouvelle discipline scientifique »· (1995\, p. 17) ? Si tel n’est finalement pas le cas\, au regard des problématiques contemporaines de l’Anthropocène et dans le cadre de ce cycle de recherches sur les concepts circulant entre disciplines comme entre champs disciplinaires\, comment qualifier et interpréter la portée épistémique exacte et donc la leçon méthodologique et épistémologique du concept de fractale ? \nProgramme\nIntroduction au cycle de recherche sur la transdisciplinarité \n10h00 — Stéphane Pessina (Université de Rouen Normandie\,CUREJ)\, « Introduction générale au cycle sur la transdisciplinarité – Transdisciplinarité\, complexité et réduction simplificatrice : quelle articulation ? » \n10h20 — Thierry Roger (Université de Rouen Normandie\, CÉRÉdI)\, « L’événement Anthropocène : frontière des disciplines et migration des concepts. Remarques sur les “humanités environnementales” » \n10h40 — Julien Réveillon (Université de Rouen Normandie\, CORIA)\, « Propos d’accueil par le vice-président Développement durable et responsabilité sociétale de l’université de Rouen Normandie » \n10h50 — Pause-café \n11h10 — Florent Pasquier (Sorbonne Université\, CIRET)\, « La transdisciplinarité : rétrospectives et perspectives » \n11h55 — Discussions \n12h10 — Déjeuner \nLa fractalité comme phénomène et concept transdisciplinaires \n14h00 — Franck Varenne (Université de Rouen Normandie\, ERIAC)\, « La fractalité : phénomène interdisciplinaire ou transdisciplinaire ? » \n14h45 — David Cosandey (Docteur en physique théorique\, Berne)\, « Fractalité et thalassographie articulée en géohistoire » \n15h30 — Denise Pumain (Université de Paris 1-Panthéon-Sorbonne\, Géographie-cités)\, « Fractalité en géographie » \n16h15 — Discussions et café \n Téléchargement du programme
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SUMMARY:Penser avec Pascal
DESCRIPTION:Conçue dans une volonté de décloisonnement des savoirs\, cette journée interdisciplinaire organisée par Élodie Cassan et Laura Moaté (Université de Rouen Normandie\, ERIAC)\, a pour objet de rendre compte des différentes facettes de l’œuvre de Pascal\, à destination des étudiants et des élèves\, comme de tout individu désireux de connaître le polymathe. \nDes spécialistes de Pascal se pencheront donc sur des éléments fondamentaux de son œuvre\, allant de la philosophie à la théologie\, et de l’anthropologie à la science. \nUn film documentaire consacré à l’histoire de la famille Pascal à Rouen sera projeté en présence de ses réalisatrices. Il sera suivi d’une discussion sur le rôle d’outil joué par le cinéma dans l’évocation des traces matérielles des auteurs du passé et d’une intervention en anglais en visio. \nProgramme\n9h15 — Accueil des participants et présentation de la journée par Nicolas Rialland\, directeur du département de philosophie\, université de Rouen Normandie. \n9h30 — Élodie Cassan et Laura Moaté (Université de Rouen Normandie\, ERIAC)\, Introduction à Pascal sous forme de reading group. \n10h00 — Tony Gheeraert (Université de Rouen Normandie\, CÉRÉdI)\, « “Tes déserts et tes solitudes” : Dieu et l’effroi dans Les Pensées » \n11h00 — Pause-café \n11h15 — Hélène Michon (Université de Tours\, CESR)\, « Pascal et l’anthropologie du désir » \n12h30 — Pause déjeuner \n14h00 — Projection du film « Les Pascal à Rouen »\, suivi d’une discussion avec ses réalisatrices\, Clémentine Gheeraert (Université Sorbonne Nouvelle) et Émilie Gheeraert (sous réserve). \n15h45 — Pause-café \n16h00 — Aaron Spink (Milwaukee School of Engineering\, Department: Humanities\, Social Science and Communication)\, « Pascal’s Problem: What Counts as Evidence of Nothing? ». Communication donnée en visio depuis les États-Unis. \n17h00 — Clôture de la journée \n Télécharger le programme
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