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SUMMARY:Re-constitutions ?
DESCRIPTION:Cette journée d’études est organisée par le CIRRAS dans le cadre du cycle de recherches « Mémoire et création au théâtre. Une traversée du temps\, des espaces et des cultures ».  \nElle est coordonnée par Françoise Quillet (Université de Franche Comté\, MSHE Besançon\, Directrice du CIRRAS)\, Susie Vusbaumer (Université de Rouen Normandie\, ERIAC)\, et Erica Letailleur (Université Côte d’Azur\, CTEL).  \nLe cycle de recherches « Mémoire et création au théâtre »\, programmé dans le cadre des activités du CIRRAS\, offre une traversée du temps\, des espaces et des cultures. À travers l’organisation de différentes journées d’études\, nous y aborderons les multiples approches de la mémoire : individuelle\, collective\, corporelle\, psychologique\, celle des supports archivistiques\, des documents\, etc.  \nCette première journée est traversée par l’idée de retrouver (revivre) un temps oublié ou perdu. À travers des récits d’expériences concrètes concernant l’époque antique\, la période baroque\, l’histoire contemporaine du Cambodge et de l’Indonésie\, il s’agit d’explorer la pertinence de la notion de reconstitution (qui peut être aussi reconstruction\, recréation\, recomposition\, régénération\, réfection\, renouvellement…) de l’oeuvre passée. \nProgramme\n\n9h00 – Accueil des participants  \n9h30 – « Réinventer un art perdu : règles et rêves du théâtre de Dionysos. (Retour sur Les Suppliantes) »\, Philippe Brunet (Université de Rouen Normandie / Compagnie Demodocos) et Aymeric Münch (Professeur de Lettres Classiques / Compagnie Demodocos).  \n10h30 – Pause  \n11h00 – « L’approche expérimentale de Théâtre Molière Sorbonne : enquêter sur la mémoire archivée\, réactiver la mémoire incorporée »\, Mickaël Bouffard (CELLF\, Sorbonne Université).  \n12h00 – Discussion\, modérée par Susie Vusbaumer.  \n12h30 – Pause déjeuner.  \n14h00 – « Le ballet national du Cambodge (reconstitution et re-création) »\, Suppya Hélène Nut (INALCO).  \n14h30 – « Qui est celui qui danse… masqué ? »\, Santha Leng (danseur\, chorégraphe\, comédien).  \n15h00 – Pause.  \n15h30 – « Les initiatives occidentales de renaissances artistiques à Bali et le Dharma de renouveau cyclique versus les valeurs occidentales de conservation\, travail de mémoire et devoir de mémoire »\, Kati Basset (INALCO).  \n16h30 – Discussion\, modérée par Erica Letailleur.  \nRésumés\n\nRéinventer un art perdu : règles et rêves du théâtre de Dionysos. (Retour sur Les Suppliantes)\nOn a parlé du Théâtre Demodocos à l’occasion des Suppliantes d’Eschyle\, spectacle créé en 2016 et dont la création masques a été empêchée le 25 mars 2019 en Sorbonne. Le spectacle joué finalement le 21 mai au grand amphithéâtre de la Sorbonne à l’invitation des ministres de la culture et de l’enseignement supérieur a pu déployer ses gestes\, ses danses\, ses dispositifs bilingues\, et ses systèmes de déclamation rythmique. Rien de nouveau pour la compagnie si ce n’est que l’occasion est donnée aujourd’hui\, en marge des vrais et des faux débats sur les identités\, de confronter l’expérience du public avec les intentions de la mise en scène.\nPhilippe Brunet – helléniste\, est professeur à l’université de Rouen Normandie (ERIAC). Traducteur et metteur en scène\, il a créé la compagnie Demodocos en 1995\, école et laboratoire de poésie\, de musique\, de danse et de théâtre\, pour recréer le répertoire antique et réalise des adaptations cinématographiques du travail théâtral (Bacchantes\, Œdipe Roi).\nAymeric Münch – Professeur agrégé de Lettres Classiques dans un lycée parisien\, Aymeric Münch a rejoint la troupe de théâtre antique Démodocos lors de ses études en Sorbonne. Encouragé par son fondateur\, Philippe Brunet\, il s’est lancé dans l’aventure de la traduction métrique avec Les Perses (ed. du Relief\, 2009)\, Les Euménides et Les Suppliantes d’Eschyle ainsi que Les Géorgiques de Virgile. C’est sous sa direction et pour défendre un tel travail qu’il a soutenu en 2014 une thèse consacrée aux modalités de la parole tragique et épique en traduction. Une Enéide en hexamètres français est en cours…  \nL’approche expérimentale de Théâtre Molière Sorbonne : enquêter sur la mémoire archivée\, réactiver la mémoire incorporée\nLe jeu du comédien du XVIIe siècle nous est connu par des sources écrites\, iconographiques et matérielles\, souvent lacunaires\, voire hermétiques\, mais plus précises et plus nombreuses que pour toute époque antérieure. Ce corpus de témoignages – susceptibles de survivre à ceux qui les ont produits – constitue ce que l’historienne Diana Taylor a baptisé la mémoire archivée. La mémoire incarnée\, quant à elle\, a disparu quand les traditions de jeu ont cessé d’être transmises et que ceux qui les pratiquaient ont emporté leur savoir-faire dans la tombe. Lorsque nos méthodes d’enquêtes semblent avoir épuisé leur potentiel heuristique face à la mémoire archivée\, l’expérimentation donne de nouveaux outils pour soutirer au passé des secrets qu’on pensait perdus dans l’épaisseur du temps. Ainsi\, Théâtre Molière Sorbonne\, à la fois école\, troupe et lieu d’expérimentation\, cherche à mieux comprendre le théâtre du Grand Siècle en réactivant et incorporant les pratiques de jeu et de déclamation décrites à cette époque.\nMichaël Bouffard – Chargé de recherche au Centre d’Étude de la Langue et des Littératures Françaises (CELLF) de Sorbonne Université\, Mickaël Bouffard est historien d’art\, spécialiste de l’iconographie théâtrale\, du costume et des pratiques scéniques sous l’Ancien Régime (théâtre\, opéra\, ballet). Il est présentement co-directeur artistique et scientifique de Théâtre Molière Sorbonne avec Georges Forestier et Jean-Noël Laurenti.  \nLe ballet national du Cambodge (reconstitution et re-création)\nLa mémoire est la source essentielle du théâtre de cour puisque la transmission se fait uniquement par l’oralité de maître à disciple. Qui dit transmission orale dit aussi fluidité et respiration où perte et nouveauté se conjuguent dans un temps long\, dans le cadre de la tradition. Or\, la révolution des Khmers rouges a mis fin à cette transmission (ou presque !) avec la disparition de 90 % de ses artistes en un laps de temps très court\, cinq années. Après avoir défini brièvement le théâtre de cour du Cambodge\, Suppya Hélène Nut va examiner le travail de reconstitution et de régénération de leur répertoire par les artistes du Ballet royal du Cambodge depuis les années 1975-80 jusqu’à nos jours.\nSuppya Hélène Nut – est enseignante en littérature cambodgienne et en théâtre des pays d’Asie du Sud-Est à l’INALCO. Elle a pratiqué la danse de cour du Cambodge avant de diriger une association « Le Ballet Classique Khmer » à Paris. Depuis\, elle s’est consacrée à l’étude et à l’histoire du théâtre de cour du Cambodge en examinant les archives coloniales et en travaillant sur les mémoires des artistes de la troupe nationale « Le Ballet royal du Cambodge ». Elle a notamment réalisé une soixantaine de vidéos sur les artistes du Cambodge et se consacre aux oeuvres chorégraphiques de la princesse Norodom Buppha Devi.  \nQui est celui qui danse… masqué ?\n« Tu nous es revenu de loin et d’il y a longtemps. Aujourd’hui ton initiation s’achève. Souviens-toi de mon enseignement\, honore ce masque de Hanuman et garde-le vivant. » Le maître de danse des Singes.\n« … puis il te faudra tout oublier… et un matin tu trouveras le premier mot de ton premier poème…« R.M. Rilke.\nSantha Leng – Depuis 1991 direction de la Compagnie Cabaret des Oiseaux : danses de tradition du Cambodge et création contemporaine. 2006\, Co-écriture du documentaire « Au pays des danseuses de pierres ». \n1993 – « Master class » : danse classique khmère / contemporain\, Faculté des Arts chorégraphiques et Théâtre National. 1980-81\, stagiaire CNDC dirigé par Alwin Nikolaïs (Centre National de la Danse Contemporaine).\n1996 – Villa Médicis Hors les Murs au Cambodge : recherche et création. « Arc en ciel ».\n2008 – Licence LLCA ASE INALCO.\n2019 – Master Histoire\, Université Le Havre\, en cours.  \nLes initiatives occidentales de renaissances artistiques à Bali et le Dharma de renouveau cyclique versus les valeurs occidentales de conservation\, travail de mémoire et devoir de mémoire\nPlusieurs décennies à redonner vie à des troupes et des genres scéniques en Indonésie\, pour et avec des Indonésiens\, et à les agencer dans des spectacles de création\, et aussi à en rendre compte dans des publications sur commandes\, mais pourtant presque aux antipodes de l’idéologie de conservation\, de musée\, d’archivage\, de mémoire… La motivation première\, c’était que ça vive\, sur sa terre. Pas en boîtes de conserve (exportées)\, dont la valeur aurait honteusement augmenté quand leur contenu aurait disparu d’Indonésie.\nAprès quelques exemples (illustrés) de la renaissance artistique\, viendra la question : est-ce que sans les initiatives étrangères\, Bali aurait perdu ses traditions ? Et la religion qui les motive ? Ce seraient déj à les colonisateurs néérlandais qui auraient décidé de faire de Bali un « musée vivant » voué au tourisme. Et les bombes des attentats islamistes ont motivé une autre renaissance.\nMais non\, Bali c’est la science du constant renouveau\, littéralement « rajeunissement » (somya) vers le passé\, par les procédés bali/wali de retour\, d’inversion du temps et de la genèse et de résorption de l’univers. Cette religion qui fait l’identité des Balinais tient d’une cosmologie (physique et métaphysique) articulée à une idéologie en total contraste avec les notions et les valeurs occidentales (mondialisées)\, y compris avec l’idéologie de la mémoire et de la conservation\, mortifères. Cela explique\, entre autres\, que dans la tradition il n’y ait pas de pièces de théâtre\, d’auteurs\, de maîtres\, de notation musicale\, de barrages\, de bâtiments faits pour durer\, de statues d’individus terrestres\, de marquage des tombes\, de monuments commémoratifs\, etc.\nOn verra ce qui – la re-présent-ation – s’oppose au travail de mémoire et qui fonctionne bien autrement\, ce qui dans le Dharma concerne toute chose et aussi et surtout les défunts… et qui\, notamment concernant ces derniers\, pourrait questionner le fameux « devoir de mémoire » du pire comme du meilleur imposé partout dans l’idéologie occidentale mondialisée. À force\, l’Asie ne commence-t-elle pas à perdre la mémoire… de sa science du renouveau ?\nCatherine (Kati) Basset – Après des études de musique et de musicologie\, elle a vécu en Indonésie\, jouant du gamelan dans les temples et redonnant vie à une dizaine d’anciennes formes musicales et scéniques. Elle a ensuite enchaîné les missions pour des publications\, des spectacles et des recherches scientifiques (membre associé du labo Centre Asie du Sud-Est CNRS-EHESS). Sa thèse de doctorat d’ethnologie à Paris X (2004)\, réalisée au laboratoire d’ethnomusicologie (CNRS-Musée de l’Homme) et saluée par un jury très international\, révolutionne la théorie de la musique de gamelan par sa découverte de la « musique-mandala » (ou kalacakra\, « Roue du Temps »). Kati Basset est\, par ailleurs\, l’auteur de nombreuses publications sur divers supports\, d’émissions radiophoniques et de très nombreuses communications orales\, ainsi que de spectacles de théâtre dansé (et d’ombres) ambitieux avec des Balinais\, des Javanais\, ou des enfants de France\, donnés avec succès dans les grandes salles et festivals de France et d’Europe.  \n Télécharger le programme
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SUMMARY:Quelle république à l’âge des communs ?
DESCRIPTION:Ce colloque s’articule autour de trois axes de réflexion : \n\nLa respublica et la conception fiduciaire de l’État et de la propriété.\nL’économie politique du commun/des communs.\nDroit à l’existence\, droits sociaux et revenu universel.\n\nUn commun désigne un dispositif politique constitué d’un bien commun matériel ou immatériel\, adossé à des règles qui en organisent l’usage. Celles-ci sont définies par une communauté ou une assemblée qui l’administre. Un commun renvoie à l’idée d’une propriété partagée. \nLa notion de fidéicommission qui est ici centrale\, interroge celle de représentation politique et celle de bien public aujourd’hui associées au processus de dépossession du souverain qui\, depuis le XIXe siècle\, s’est engagé au profit de ses représentants – pour la première –  et de l’État propriétaire – pour la seconde. \nVenue du droit privé romain\, la fidéicommission permet de transmettre un bien à une personne par le truchement d’un tiers (le fidéicommis ou « commis de confiance »). Elle repose sur un rapport asymétrique en faveur du commettant\, celui-ci pouvant se séparer unilatéralement de son commis quand il le désire. Sur le plan de la théorie politique elle est mobilisée de façon notoire par John Locke\, mais aussi par d’autres auteurs comme les Levellers ou John Milton\, afin de définir le rapport entre le peuple souverain et l’autorité politique. Le peuple souverain – celui qui possède en droit le pouvoir politique\, constituant l’association de citoyens libres et égaux en droits (la république) –  est le fidéicommettant ou commettant\, l’autorité politique est  l’agent\, le fidéicommissaire ou mandataire (trustee). C’est ce principe qui organise la république pendant la phase démocratique de la Révolution française\, stoppée par le moment thermidorien. \nDans cette perspective\, la respublica peut être appréhendée comme un dispositif où le peuple souverain contrôle ce qui est aujourd’hui devenu « l’appareil d’État » et les propriétés dont il lui a délégué la gestion. \nLa première hypothèse de travail de ce colloque est que les communs constitueraient une des modalités de la reconstitution de la chose publique se distinguant de « l’appareil » et de la propriété d’État\, celle-ci pouvant rester d’État mais son administration changer de forme. Dès lors\, quelle serait la place de « l’État » et comment penser son articulation aux communs ? \nDe la même manière\, il existe une conception fiduciaire de la propriété\, c’est-à-dire conditionnelle et limitée sur laquelle ont été fondés les communs traditionnels (communaux\, communauté de métiers) mais qui a également structuré l’économie politique républicaine sous le Gouvernement révolutionnaire. La propriété est alors  un objet social\, contrôlé politiquement\, comme le marché\, ce qui était la norme avant que la propriété exclusive\, privée ou d’État\, ne devienne la règle. La deuxième hypothèse de ce colloque est que cette conception fiduciaire de la propriété s’inscrirait dans l’économie morale qui a été mise en évidence par Thompson et serait l’une des conditions de l’encastrement (l’embedment de Polanyi) de l’économie dans le politique. Sur cette base\, comment concevoir une économie politique des communs adaptée aux sociétés démocratiques modernes ? \nHistoriquement\, la raison d’être des communs traditionnels\, comme celle des sociétés politiques\, est de garantir le droit à l’existence de ses membres. Pendant la Révolution française\, pour le mouvement populaire et ceux qui en sont les porte-parole\, cette garantie est la condition d’une république. Le droit naturel à l’existence est au cœur de l’économie morale\, il constitue une norme sociale\, garantie par la communauté\, à partir de laquelle les droits du propriétaire sont limités. La liberté du propriétaire et l’intérêt particulier ne sont pas régulés par le marché mais bornés par le respect du droit naturel à l’existence d’autrui. La troisième hypothèse de ce colloque est que le droit à l’existence matériel et politique implique la notion de fidéicommission. Comment mobiliser aujourd’hui le droit à l’existence\, les droit sociaux\, le principe de l’allocation universelle afin de constituer une république inclusive conçue comme un commun ? \nProgramme\nMercredi 13 novembre\n15h00 – Accueil & Introduction \nÉtat et respublica \n15h30 – Fabienne Orsi\, État\, communauté\, respublicae : Naples et les usages civiques. \n16h00 – David Guerrero\, Fiduciary structures as a tool of public policy: precedents in media law. \n16h30 – Débat et pause \n17h00 – Gaïd Andro\, Déconstruire et reconstruire le commun. L’organisation administrative comme réalisation de la nation souveraine. \n17h30 – Florence Gauthier\, État ou société politique ? Ré-privée des riches ou ré-publique par et pour le peuple ? \n18h00 – Débat \n\nJeudi 14 novembre\nBien commun et propriété \n9h30 – Sarah Vanuxem\, Propriété\, fidéicommission et semences paysannes. \n10h00 – Edgar Manjarín\, Property wars\, human rights and democratic agency. \n10h30 – Débat et pause \n11h00 – Jean-Fabien Spitz\, Letters of Sydney : une critique de l’inégalité de la propriété à la fin du XVIIIe siècle. \n11h30 – Bru Laín Escandell\, From Absolute Dominium to Fiduciary Property Right. The Republican Contribution to the Contemporary Property Rights. \n12h00 – Débat \nDroit à l’existence et communs \n14h30 – Julie Ferrand\, Communauté des biens ou propriété privée : quel système pour garantir le droit à l’existence selon Mably ? \n15h00 – Benjamin Coriat et Stéphanie Leyronas – Droit à l’alimentation\, bien commun et droit à l’existence. \n15h30 – Débat et pause \n16h00 – Yannick Bosc\, Grande et petite communauté(s) : les biens communs\, le droit à l’existence et la république. \n16h30 – Pablo Scotto\, The right to work in pre-Marxist socialism. \n17h00 – Débat \n\nVendredi 15 novembre\nÉconomie morale et république \n9h30 – Julio Martínez-Cava\, 21st Century Popular Moral Economy: Myth or Reality. \n10h00 – David Casassas\, Pour une économie politique républicaine aujourd’hui : allocation universelle et communs. \n10h30 – Débat et pause \n11h00 – Jordi Mundo\, Fiduciary foundations of political freedom. \n11h30 – Christopher Hamel\, Républicanisme et communs : la pertinence de l’idéal de non-domination. \n12h00 – Débat \n14h30 – Débat et conclusions \nTélécharger le programme
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